Disparition de Louis Besson
Nous avons appris avec peine le décès, survenu le 2 avril à l’âge de 89 ans, de Louis Besson, ancien ministre du gouvernement de Michel Rocard et ancien maire de Chambéry. Venu à la politique par l’engagement associatif, notamment dans les milieux chrétiens de gauche, il est élu pour la première fois député en 1973, battant un cacique giscardien, J. Delachenal. Ce n’est qu’ultérieurement, après les Assises du socialisme, qu’il rejoint le Parti socialiste et devient, avec Jean-Pierre Cot, l’un des porte-parole du courant rocardien en Savoie. Pendant le premier septennat de François Mitterrand, il s’investit notamment dans l’élaboration de la loi Montagne. En 1988, Michel Rocard l’appelle comme secrétaire d’État au logement : il fait notamment adopter une loi qui pacifiait les relations entre les locataires et les bailleurs. Puis, en 1990, il devient ministre de l’équipement, du logement et des transports. Entre temps, il avait quitté sa petite mairie de Barby (400 hab.) et en 1989, il reprend à la droite la mairie de Chambéry, battant l’ancien ministre RPR Pierre Dumas, et il y sera réélu jusqu’en 2007. Parmi les élus de sa liste figurait Roger Godino, proche de Michel Rocard et premier président de l’association MichelRocard.org. Il transforme profondément la ville de Chambéry par la création de nouveaux quartiers et d’importants services publics. En août 1991, il accueille dans sa ville l’université d’été des Clubs Convaincre et sera heureux de montrer certaines de ses réalisations. Il retrouve le ministère du logement en 1997, dans le gouvernement Jospin, et laissera également une œuvre législative importante, avec la loi sur le logement intermédiaire, celle sur l’obligation de 20% de logements sociaux dans les communes d’une certaine importance (loi SRU) et celle sur l’accueil des gens du voyage. Après son retrait de ses différents mandats à partir de 2007, il se consacrera au Haut comité pour le logement des personnes défavorisées - dont il est le premier président - et à la commission intergouvernementale pour la liaison Lyon-Turin.
Tous ceux qui l’ont côtoyé se souviennent d’un homme aux fortes convictions et à la grande capacité à les faire partager par des compromis novateurs, d’une profonde modestie et d’un humanisme toujours bienveillant, qui faisait honneur à la politique. Nous adressons à sa famille et à ses proches nos plus sincères condoléances.