Le 2 juillet à Monticello
Michel Fugain est venu, en voisin et en ami. Mais les chansons étaient corses, a capella et à la guitare. La chaleur de l'amitié le disputait à la canicule, mais la mairie de Monticello avait bien fait les choses, avec un tivoli protégeant ceux qui étaient venus se recueillir devant la tombe de Michel Rocard, à l'occasion du dixième anniversaire de son décès. Et une brise légère montait de la mer toute proche et si lumineuse, caressant la stèle dessinée par Pierre Soulages, entourée d'immortelles et rappelant la maxime des Béatitudes : "Heureux les artisans de paix". Aux côtés de Sylvie, son épouse, qui l'avait convaincu de choisir sa dernière demeure dans ce cimetière haut perché au-dessus du village, une soixantaine d'anciens collaborateurs, d'amis, d'élus corses et d'habitants de Monticello. Pas de discours : ceux qui étaient là savaient pourquoi ils étaient là. A la mairie, ensuite, quelques mots de remerciements, et le témoignage du maire honoraire, Hyacinthe Mattei, l'un des plus anciens rocardiens de Corse. De l'émotion à revendre, des souvenirs à foison, de la nostalgie à ne plus savoir qu'en faire, à peine une pointe de tristesse : nous étions là pour "garder les liens", tout simplement, comme il nous l'avait demandé.